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Mise à jour 28 décembre 2008
Grain de sel

Obama : historique.
Au bas mot.

Prenons garde toutefois : il est fort possible qu'un Noir soit un homme comme les autres…

Ce qu'il y a de navrant dans l'enthousiasme, c'est qu'il va retomber, on le sait, à la première déconvenue. On sait intuitivement qu'il ne va pas durer, et c'est pour cela qu'on profite autant des minutes euphorisantes dans lesquelles il nous enveloppe chaleureusement.

La perfidie de l'enthousiasme, c'est qu'il nous empêche de mettre raisonnablement les choses à leur place et de garder l'esprit clair devant l'émotion qui l'a suscitée.

Nous avons tous en mémoire les mots d'espérance du pasteur Martin Luther King dont l'intonation résonne encore en nous plus de quarante ans après.

Au regard de l'histoire ségrégationniste des Etats-Unis, il est vrai que notre enthousiasme ne peut rester indifférent à cet espoir franchi par l'électeur américain. Mais au contraire de ce que l'on veut exprimer dans cette joie, n'est-ce pas racial de considérer que le candidat Obama a été élu parce qu'il était Noir et de s'en féliciter d'abord pour cette raison qui inonde les médias ?

Rapporter la victoire historique d'Obama à la couleur de sa peau est aussi l'expression cryptée d'un fond de racisme. Moi qui ai toujours été indifférent à la différence, j'avoue avoir de la peine à comprendre ces réactions et ces commentaires.

Quelle sera la réaction du monde quand Obama remettra constitutionnellement son mandat de président et que l'élection portera un Blanc à sa succession ? Dira-ton alors que l'Amérique renoue avec le racisme ? Ce que je veux dire, c'est que ramener l'élection d'Obama à une question de couleur de peau, une fois enregistré l'acte symbolique, est ouvertement racial et donc extrêmement dangereux.

 

 

Ce que je retiens pour ma part, c'est qu'il s'agit d'abord d'un homme qui a été préféré sur ses compétences à gérer un grand pays à un moment de son histoire et que la couleur de sa peau n'a pas été un obstacle. La vraie victoire de cette homme est d'avoir su convaincre les électeurs de son talent politique, et la vraie victoire sur eux-mêmes des électeurs est d'avoir surpassé culturellement sa différence visible.

Mais ce qui tempère l'enthousiasme de ce premier constat, c'est que Noir, Blanc ou Blanc cassé, c'est toujours un homme politique, que donc les déceptions vont naturellement tomber et qu'il est normal qu'elles tombent car viendra l'heure où on ne sera plus dans le joyeux symbole mais bien dans la sombre réalité bien concrète. Obamaniaques de tous les pays, réjouissez-vous, on le comprend, mais prenez garde de réguler votre euphorie : il est fort possible qu'un Noir soit une homme comme les autres…

On oublie par exemple un peu vite que le nouveau président élu est opposé à un certain nombre d'idées avancées de notre temps et dont je n'en retiendrai qu'une qui m'importe philosophiquement et humainement avant toute autre : la suppression de la peine de mort. Pas très chrétien pourtant de penser que la mort puisse être une punition.

On sait que l'on est assurément un humaniste quand on le demeure, alors même qu'on pense suffisamment connaître le comportement des hommes pour ne plus leur faire aveuglément confiance.

Leçon de philosophie sur le pouvoir par un disciple de Jean-Claude Van Damme

Comme il ne sort pas d'un entretien privé avec le président de Russie, on peut penser qu'il a pris des cours de philosopie auprès de Jean-Claude Van Damme...

 
C'est peut-être ce qui nous permet de relativiser maintenant la portée d'une analyse qui consiste à penser qu'un curé est mieux placé qu'un instituteur pour transmettre certaines valeurs...

Obama annonce la couleur

Souvenez-vous. Au bord du drame industriel et personnel, les patrons « sinistrés » de trois grands groupes automobiles américains se sont rendus en jet privé à Washington pour pleurer leur misère auprès du Congrès et réclamer de l'argent.
D'autres, après avoir obtenu gain de cause, sont partis en goguette sur une île du Pacifique pour « décompresser » au Champagne avec leur staff.

Le nouveau président élu ne les a pas ratés : « J'ai pensé que peut-être ils devaient être légèrement durs d'oreille concernant ce qui se passe aux Etats-Unis actuellement. C'est un problème chronique, pas simplement dans l'industrie automobile, chez les capitaines d'industrie en général. […] Quand des gens touchent des centaines de millions de dollars de bonus à Wall Street et prennent d'énormes risques avec l'argent des autres, cela montre qu'ils n'ont aucune idée de ce que vivent les Américains ordinaires. […] Quand les fabricants automobiles sont payés bien plus que leurs homologues de chez Toyota ou Honda, et que pourtant ils perdent de l'argent bien plus rapidement que les constructeurs japonais, cela m'indique qu'ils ne voient pas ce qui se passe. »

 Obama annonce la couleur à tous les dirigeants et attend d'eux « un exemple de prise de responsabilité. Si vous possédez déjà 10 millions de dollars et que vous devez licencier des salariés, le moins que vous puissiez faire est dire :  je suis prêt à faire des sacrifices moi aussi, parce que je reconnais que des gens extrêmement moins nantis traversent une période plutôt difficile. »

Il paraît que chez les patrons certains ont vu rouge et que d'autres rient jaune.

Bientôt, une nouvelle série de chroniques...

Ma petite République

Pour Thanksgiving, Sarah Pelin a été épargnée…

C'est la tradition. Georges Bush a gracié deux dindes qui ne finiront pas au four pour Noël. Le problème c'est que l'une d'entre elles place maintenant son destin de future présidente des Etats-Unis « entre les mains de Dieu ». Elle s'en remet à lui si elle devait se lancer dans la course à la Maison-Blanche en 2012 : « Je ne peux pas prédire ce qui va se passer demain, et encore moins ce qui arrivera dans quatre ans. Vous savez, j'ai... la foi est quelque chose de très important dans ma vie. Et ce que je fais toujours, c'est mettre ma vie entre les mains de mon créateur. Je me dis, OK, mon Dieu, s'il y a une porte ouverte pour moi quelque part, ne me laisse pas rater cette porte ouverte. Montre-moi où cette porte ouverte se trouve. » a-t-elle ajouté.

« Et s'il y a une porte ouverte en 2012 ou quatre ans plus tard, et si c'est quelque chose qui se révèle bon pour ma famille, mon Etat, mon pays, une occasion pour moi, je m'engouffrerai dans cette porte. »

Alors moi, à Dieu, je lui dis ceci : déconne pas vieux. La porte, tu l'ouvres pas, compris ? D'autant plus que j'ai un autre cas politico-narcissique et egodélirant à te signaler en France. Fais vite pour venir la délivrer de la tentation, parce que c'est aussi pour 2012…

Effets de crise

Il n'y a pas que le pouvoir d'achat qui baisse. L'économie en berne offre désormais cette image attristante d'une détresse vestimentaire, comme ici dans les rues sombres et glaciales de Los Angeles. Pardon de vous infliger cette vue misérable que je savais difficilement soutenable. Mais en cette période difficile où même celles qui ne manquent de rien manquent de tout, il nous faut courageusement affronter le dénuement de nos concitoyennes, même si nous éprouvons de la gêne à nous apitoyer longuement sur leur sort, et surtout quand les bourses sont à plat et qu'elles aimeraient bien se redresser. Comme disait mon oncle : il faut laisser l'effet se faire et l'effet se produire…

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" Cette petite fille émouvante, en larmes mais sûre de son choix, reste toute seule avec ses mots d'amour dans la gorge et son combiné trop lourd qu'elle cramponne des deux mains comme pour étreindre une dernière fois la maman qui n'est plus au bout."

L'histoire
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Petites frappes chirurgicales

Bientôt des nourrissons viendront roter en direct à la télévision.

Et des millions de téléspectateurs regarderont des coulis de purée carotte dégouliner sur des bavettes tenues par des parents en extase devant les éjaculations blédineuses de leurs rejetons starisés.

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Banc public
suivi de
Paroles tenues

Demain il va pleuvoir.
Oui, ils l'ont dit.
Après ça va s'arranger.
Je l'ai entendu.
Le vent va se lever.
Je crois.
Tu as regardé la boîte aux lettres ?
Ce matin ils réparaient l'ascenseur.
Tu aimes les brocolis ?
Un peu ça va.
Regarde la petite fille, elle n'aime pas l'eau.
Le vent se lève.
Il est gros.
Quoi donc ?
L'avion qui va se poser.

Vous ne regarderez plus un banc public
de la même façon.

Vous ne vous assoirez plus sur un banc public
sans une petite crainte.

Vous ne parlerez plus devant un banc public
sans faire attention à ce que
vous dites.

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Mon enfance à Koléa (Algérie)
Reportage L'album photo de mon enfance à Koléa

"France-Algérie : une réconciliation est-elle possible ?"

Reportage d'une conférence donnée dans le cadre
du Festival du livre de Mouans-Sartoux (06)

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Le travail de l'écriture commenté par les plus grands écrivains.

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