Mise à jour
2 mai 2007

Réparties de campagne

Le fils de pub va pisser sur le trottoir d'en face !

Dans ma précédente chronique — « Faut pas prendre les enfants de Bourdieu pour des connards sauvages » —, j'avais eu l'audace et l'inélégance de comparer le publicitaire Jacques Séguéla à un caniche qui remuait la queue devant Ségolène Royal à qui il avait même trouvé un réel talent "extraordinaire" à inventer ses propres slogans de campagne. Dans un recoin de ma conscience, il y a toujours un léger remords qui m'alerte sur la retenue que je devrais montrer avant d'égratigner de cette façon des gens qui ne m'ont rien fait.

Mais voilà que depuis le premier tour des élections présidentielles à l'occasion duquel le caniche a aboyé jours et nuits pour célébrer sa maîtresse Ségolène, l'animal change subitement de trottoir pour aller pisser devant chez Nicolas Sarkozy où l'odeur d'urine l'attire probablement davantage et l'encourage à lever la patte. Que s'est-il passé entre les deux tours pour justifier un tel revirement ? Les programmes de l'une et de l'autre auraient-ils changé ? Rien de tout cela. C'est que le caniche préfère aller renifler et pisser où le vent de la bonne fortune (et non de l'histoire) le porte. Dans l'intérêt de son propre intérêt.

Ce qui revient à constater, en la circonstance, que l'expression fils de pub qu'il s'était lui-même collée au bout de la queue retrouve enfin, par ce dernier acte politique (dernier mais pas ultime, n'en doutons pas) sa version sémantique originale avant sa transformation subtile en un jeu de mots devenu célèbre...

Séguéla : la farce tranquille ?

2 mai 2007

Pédagogie participative

Plusieurs faits à mettre en parallèle ces dernières semaines.

Tout d'abord, le gouvernement a sollicité les compétences d'un éminent linguiste pour enfin découvrir que la plupart des jeunes Français ne connaissaient plus les mots de leur langue et accusaient une grave indigence de vocabulaire.

Ensuite, le ministre de l'Education Nationale vient de rédiger une circulaire enjoignant les enseignants à consacrer un quart d'heure de calcul mental par jour.

Suggérons donc qu'on introduise dans toutes les écoles de France ces exercices de calcul mental et de langue française, en s'inspirant de l'actualité pour mieux retenir l'attention et obtenir les meilleures chances d'imprégner les jeunes esprits.

1er exercice de calcul mental  :

En retour aimable d'un rabais de 775.000 euros dont aurait profité un promoteur dans l'achat de terrains municipaux à Neuilly, un candidat à la présidence de la République est suspecté d'avoir acquis et réaménagé son ancien appartement dans des conditions avantageuses lui ayant procuré un gain estimé à 300.000 euros.

Sachant qu'un scooter coût environ 1700 euros (hors frais d'assurance contre le vol), combien de scooters ce candidat aurait-il pu acheter à son fils, si l'élite de la police scientifique dans une forme exceptionnelle ne l'avait pas retrouvé en moins de trois jours ?

2ème exercice de calcul mental  :

Une candidate à la présidence de la République aurait sous-estimé un bien immobilier situé sur la Côte d'Azur, au point qu'elle aurait dû acquitter un impôt sur la fortune 7 fois supérieur à celui réellement versé.

Le montant de l'impôt versé par la contribuable aurait été de 862 euros.

Sachant que Décathlon, dans sa gamme de base « Canal Saint-Martin », vend des tentes T2 au prix conseillé de 21 euros l'une, combien de « sans domicile » auraient pu provisoirement en trouver un avec la différence d'impôt ainsi soustraite par pure étourderie.

Exercice de langue française  :

1. Quelle différence de sens voyez vous entre bravoure et bravitude  ?

Expliquez la relation sémantique que l'on peut faire avec les expressions positive attitude et rock n'roll attitude  ?

 

2. Expliquez pourquoi transformer la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » en « Liberté, Egalité, Sororité » est le signe conjugué d'une méconnaissance de la langue française et d'un concept philosophique élémentaire.

Enfin, pour couronner l'ensemble, pourquoi ne pas en profiter pour approcher un petit problème de philosophie et de morale politique.

Exercice de morale  :

Les médias français et une bonne partie du peuple fustigent un chanteur de variété qui s'est exilé en Suisse pour échapper au poids de la fiscalité du pays dont on dit qui l'a fait naître au succès. On l'accuse de manquer de reconnaissance et « d'éthique citoyenne ».

Dites en quoi la question de cette même « éthique citoyenne » ne se poserait pas pour deux candidats à la fonction suprême de l'Etat, suspectés par une enquête de presse d'avoir dissimulé ou minoré une partie de leur patrimoine pour échapper au poids de la fiscalité du pays dont ils convoitent la direction. »

 

Enfin, à propos des rudiments de français que tout immigrant dans notre pays devra prouver, je dis que cette mesure est moins contraignante et vexatoire qu'il n'y paraît puisque la preuve gouvernementale est admise que le retard sur nos petits Français sera beaucoup moins pénible à rattraper. Que les plus craintifs devant cette épreuve gardent en tête l'exemple notoire de Rika Zaraï qui, depuis qu'elle vit en France, ne sait toujours pas parler correctement le français. Ce qui ne l'a pas empêchée de trouver de grands éditeurs pour publier sa prose et de s'autoproclamer « écrivain ».
Parle à ma plante, mon cul est malade.

Attendons que les candidats à la présidence de la République aient à cœur de donner l'exemple en cessant de doubler systématiquement le sujet des phrases. Exemple : « La République, elle est une communauté de valeurs... », « La France, elle est une nation... », « La gauche, elle est... ».

Ils veilleront aussi, à moins d'une reconduite immédiate à la frontière, à bien accorder les pronoms relatifs lequel et laquelle au sujet auquel il se rapporte.

De même, on ne dira pas comme ce candidat si sourcilleux de l'identité nationale : « …alors que y'a… » (Philippe de Villiers – Europe 1 – Dimanche 19 mars 2007, 18 h.)

Qu'il s'agisse de probité ou des signes linguistiques d'une bonne assimilation de l'identité nationale, exigence bien ordonnée commence par celle qu'on s'impose à soi-même. Et plus encore quand on s'imagine indispensable à la « gouvernance » du bon peuple qu'on juge nécessiteux en la matière.

Puits profond ou trou du fou ?

Interrogé dimanche 18 mars en fin d'après-midi au « Grand rendez-vous Europe 1 –TV5 », Philippe de Villiers a eu à répondre à cette question : « Que pensez-vous du mariage homosexuel ? ».

Réponse du candidat : « C'est un sujet qu'il faut élargir… »

Après on dira de nos candidats qu'ils n'ont pas de projet ou qu'ils rechignent à aller au fond des choses…

Il faut dire que certains ont un sondeur aux fesses et que c'est un sujet qu'il faut aussi élargir...

Un dimanche et deux miracles annoncés

Une nouvelle mode semble avoir gagné à peu près tous les médias, surtout les télés et les radios, c'est le compte à rebours. Selon une technique marketing qui se rapproche du teasing sans en être vraiment un puisque le teasing consiste à dévoiler lentement un message en jouant sur une intrigue jusqu'à la révélation finale.

Cette technique, faite de suspense et de matraquage, a été mise en œuvre dernièrement pour annoncer l'interdiction de fumer dans les lieux publics : J-5, J-4, J-3, J-1... Elle a eu le don de taper sur les nerfs de ceux à qui on demandait précisément de cesser de fumer ou de fumer moins.

Les médias nous refont le même coup avec le 11 février, date à laquelle Ségolène Royal doit présenter son programme. L'intention est de nous tenir en haleine, de nous mettre sous pression. Le risque, c'est que le suspense entretenu par la technique d'approche aboutisse à un résultat pitoyable et que l'événement fasse… tchoufa. Ce suspense s'appuie en effet sur l'impatience pour nourrir un imaginaire qui va trop s'attendre à une extase pour ne rencontrer peut-être que la déception.

L'entourage de Ségolène l'a bien compris qui tente de temporiser la portée de l'événement et de dire que le programme va se déployer lentement dans les jours qui vont suivre le 11 février.

A cette échéance du 11 février s'ajoute maintenant l'émission de Michel Drucker, Vivement dimanche , au cours de laquelle il faudra décrypter les intentions de Jacques Chirac sur son éventuelle intention de se représenter à la présidence.

Or il se trouve que le dimanche 11 février c'est la fête de Notre-dame de Lourdes. Mais jusqu'à présent, hélas pour les socialistes et pour les chiraquiens, on n'a jamais vu un miracle s'annoncer avec un compte à rebours…

 

Conservateurs de progrès et progressistes conservateurs

A propos de la montée en puissance dans les sondages de François Bayrou, un commentateur se demandait, sur Europe 1, dans le journal de 13 heures, si les électeurs « centristes de droite » et « centristes de gauche » se rallieraient à lui.

Mais cet homme qui, paraît-il, sait parler à l'oreille des chevaux, aura peut-être du mal à se faire entendre des veaux…

Si j'ai bien suivi, le cœur du discours de François Bayrou dénonce le clivage droite-gauche qui ne voudrait plus rien dire aujourd'hui et tend à convaincre les Français que toutes les forces devraient se réunir pour donner à la France une politique plus en rapport avec la diversité des opinions qui doivent apprendre, je cite, « à cohabiter sereinement ».

Dans ces conditions, il faudra nous expliquer ce qu'on entend exactement par « centriste de droite » et « centriste de gauche ». Car s'il existe un centre-droit et un centre-gauche, c'est donc bien qu'il existe une droite et une gauche desquelles on se sent proche… Dans ce cas, pourquoi aller chercher au centre ce qui nous satisfait de trouver à droite ou à gauche ? Et comment condamner le clivage droite-gauche puisque selon l'endroit du centre où l'on se trouve, on a un pied à gauche ou un pied à droite ?

Si j'ai bien compris, un centriste, par définition géométrique, ne se place ni à droite ni à gauche, mais milite pour un rapprochement d'idées diversifiées et l'abandon d'un bipartisme qu'il juge crispé dans des positions de principes inconciliables et bloquantes pour l'évolution de la société. Le but visé alors est exclusivement l'intérêt supérieur national, en proposant devant toute question une solution adaptée, hors des prismes idéologiques traditionnels, et sans que l'on s'inquiète de savoir si cette solution est typée de droite ou de gauche. Ce qui justifie la recherche d'une nouvelle approche politique d'un centre qui ne soit ni de droite ni de gauche, ou peut-être à la fois de droite tiède et de gauche à température moyenne.

Un électeur du centre droit est donc d'essence conservatrice, modéré dans son conservatisme au point d'être modérément tenté à gauche. A l'opposé, un électeur du centre gauche s'estime progressiste, mais modéré dans sa volonté de progrès social, au point d'être modérément tenté à droite.

Le centriste doit se garder à gauche et se garder à droite tout en ayant un œil à droite et un œil à gauche pour reluquer ce qu'il peut y avoir de bon à prendre de chaque côté. Cette gymnastique oculaire est à pratiquer avec modération (normal pour un centriste) car un strabisme politique divergent vous guette. Alors, si vous vous sentez conservateur de progrès ou progressiste conservateur, regardez bien la photo ci-dessous. Et si vous constatez certains troubles, peut-être est-il pour vous déjà trop tard…

 

29 janvier 2007


Hiver 1954


Hiver 2007

Deux photos qui illustrent l'extraordinaire progrès social de l'humanité…

Ce soir, l'abbé dîne avec saint Pierre

Il doit en falloir de la Foi, de l'Espérance et de la Charité pour réussir à mourir en paix en sachant que toutes ces années de luttes n'ont pas suffi à éradiquer la pauvreté dans une France où certains hauts revenus progressent de plus 30% par an.

Ce soir l'abbé dîne avec saint Pierre et, à la place de l'hôte, je serais dans mes petites mules et rouge de honte. Mais il est vrai que l'abbé n'a pas craint de confier parfois ses doutes quant à l'existence de Dieu, tant il est sûr qu'une foi qui ne doute pas est une foi morte. Alors peut-être que saint Pierre sera absent au rendez-vous.

En période préélectorale, les hommages politiques vont pleuvoir sur la disparition de l'abbé Pierre, n'en doutons pas. Même les maires de France qui ne respectent pas la loi sur le quota de construction de logements sociaux vont y aller de leurs pensées attristées et de leur minute de recueillement en ouverture du conseil municipal.

Aujourd'hui, sur Europe 1, des auditeurs appelaient pour réclamer des obsèques nationales et l'entrée au Panthéon de la dépouille de l'abbé. On devrait les suivre dans leur idée au nom de la « démocratie participative », la dernière notion à la mode. Sauf que cette « démocratie participative » ne s'est pas souciée un instant de savoir quelles étaient les dernières volontés du défunt… J'ai bien peur pour eux qu'il ait plutôt choisi l'humilité et la simplicité. C'est tout ce qui sépare la spiritualité des grands hommes, religieuse ou laïque, de la matérialité basique et brutale de ceux qui pensent qu'il faut avoir une opinion sur tout et qu'il est absolument indispensable de l'exprimer, quitte à parler à la place des autres, de ceux qui, plus sages, préfèrent le silence ou la réserve.

Si Dieu existait, il n'aurait pas assez de l'éternité pour distribuer tous les coups de pieds au cul que méritent tous ces chiffonniers de la politique et ces babillards interactifs.

22 janvier 2007


On n'emmène pas un kebab quand on va à Beyrouth…

Que l'on soit ou non partisan de Ségolène Royal, il y a quand même des attaques démesurées qu'on ne peut pas laisser passer.

Son voyage au Liban lui a valu, pour les raisons que l'on sait, un tir groupé de la majorité qui a surpris par sa violence et son orchestration. Ce concert de blâmes a joué trop fort pour ne pas entendre qu'il cachait une perfide stratégie : faire passer Ségolène pour une gourde.

Le prétexte de la maladresse diplomatique était tout trouvé pour mettre la misogynie politique sur le compte du diplomatiquement correct. La preuve même de cette malignité, c'est que l'ambassadeur de France qui se trouvait à ses côtés au moment du fameux incident n'a pas été relevé de ses fonctions.

Ségolène aurait donc eu la légèreté de se rendre au Moyen-Orient sans connaître ses dossiers et sans s'entourer de spécialistes qui, on s'en doute, doivent manquer au parti socialiste.

Aurait-elle dû se faire accompagner de notre talentueux ministre des Affaires étrangères pour se mettre à l'abri d'un faux-pas ? Comme aurait pu répondre un Michel Audiard (*): « On n'emmène pas un kebab quand on va à Beyrouth. »

En filigrane de ce détournement rhétorique, je vois surtout une manière de dire à une femme qu'elle s'occupe de ses affaires, de ce qui doit la regarder, elle, en tant que femme, et lui indiquer subtilement le chemin du retour vers son aspirateur et sa planche à repasser. Encore une chance qu'elle ne soit pas blonde…

 

(*) Réplique d'André Pousse dans Le Pacha.

 


Tiens, voilà du Boutin !

Mais ce que cette histoire révèle au travers des déclarations des unes, des uns et des autres, c'est que les plus cruelles attaques misogynes viennent des femmes, ce que cette candidature féminine permettra davantage encore de mettre en lumière au cours des mois à venir. A l'exception de quelques misogynes fondamentalistes, les hommes s'amusent en général de réparties taquines en ne se rendant parfois coupables que de blessures involontaires. La misogynie féminine est plus sauvage, féroce, rivale, et relève plus d'un violent crêpage de chignon que d'une innocente petite pique d'humour. Les Chiennes de garde n'ont pas aboyé quand Christine Boutin a déclaré à propos de Ségolène : « Je la verrais bien en présentatrice de la météo. » Gare à l'homme qui se serait permis de recommander une telle reconversion professionnelle !

A travers leurs déclarations à la presse, on s'étonne que les féministes aient la dent aussi dure contre Ségolène et contre toute attente. En un mot, Ségolène serait trop féminine pour être légitimement féministe. D'autres se demandent si elle est suffisamment féministe pour mériter sa candidature, comme si le fait d'être une femme candidate lui imposait de l'être. Vision sexiste du pouvoir, symétriquement calquée sur l'attitude que l'on reproche généralement aux hommes. Cherchez l'erreur…

Mais le pire que j'ai entendu, c'est le reproche qu'on lui fait de s'afficher comme une mère de famille. C'est vrai qu'il est terriblement bourgeois et d'une complicité machiste de se soumettre au sexe d'un homme dans le but réactionnaire et inavouable de mettre des enfants au monde… Comme si la maternité était la marque d'une dégradation de la femme. Bref, pour être reconnu comme féministe authentique, il ne faut pas montrer trop de féminité, voire même peut-être ne pas être une femme.


Le sexe ne fait rien à l'affaire…

Christine Boutin vient de se vendre à Nicolas Sarkozy pour le prix d'une serpillière. Après avoir vainement cherché à s'opposer à lui en jouant du coude auprès des médias, elle a annoncé devant la presse et sur un ton ridiculement pompeux qu'elle n'était pas candidate à la présidence de la République, ce dont tout le monde se fout éperdument. Ce revirement final lui a valu la prestigieuse fonction de « conseillère politique de Sarkozy », une bonne manière pour le candidat de l'UMP de lui donner un os à ronger et de la mettre au placard pour qu'elle la mette gentiment en veilleuse. Car « Boutin conseillère politique », c'est presque un oxymoron plus audacieux encore que « rupture tranquille »…

Quant à la question — si on veut bien se la poser encore — de savoir si un monde gouverné par une majorité de femmes serait meilleur, plus juste et plus efficace, il suffit de rapprocher les comportements politiques et volatiles d'une Boutin et d'un Chevènement. Les deux affirmaient sur tous les plateaux télé qu'ils iraient jusqu'au bout de leur candidature au motif qu'ils avaient des choses à dire à la France et qu'ils étaient les seuls à pouvoir le faire. A peine cette promesse de fermeté et de détermination était faite, qu'ils renonçaient brutalement et quelques jours plus tard à leur candidature au terme d'une alliance négociée avec un candidat plus en vue. Et les mêmes osent revenir sur les mêmes plateaux télé et dans les radios pour expliquer le bon sens de leur nouvelle position, sans craindre une seconde que le brave citoyen médusé devant son écran soit en train de se dire que ces deux turlupins sont en train de le prendre ouvertement pour un con-citoyen. Alors à la question de tout à l'heure, la réponse est simple : non, le sexe ne faire rien à l'affaire… Je laisse Brassens vous remémorer la suite de la phrase.


Quand Michèle Alliot…varie

On n'a pas de critiques sérieuses à porter sur la conduite de son ministère. Compétence, autorité, réserve, dignité. Mais quand je repense à ce que j'entendais de mes supérieurs durant mon service militaire, je savoure l'image de ces généraux figés au garde-à-vous devant une femme camouflée par un tailleur strict afin que nul n'ait l'odieux désir de passer sur un corps d'armée pas si mal conservé. Elle a réussi à mettre la misogynie militaire au pas, car quand on espère une étoile de plus il faut apprendre à fermer sa gueule.

Mais voilà qu'en politique, Michèle Alliot-Marie a soudain voulu montrer, comme Boutin, qu'elle existait. Dans la série « Retenez-moi ou je fais un malheur », on l'a vue s'opposer fermement à Sarkozy le désignant comme un adversaire dangereux pour l'intérêt supérieur de la nation. Puis, après bien des atermoiements médiatiques savamment dosés, la voilà qui fait finalement volte-face et s'agenouille pour baiser la bagouse de saint Nicolas en s'autoproclamant comme son fidèle lieutenant sans lequel — on l'applaudit bien fort — il n'y aura pas de victoire. Ben mon colon !

C'est ce qui s'appelle « faire allégeance ». Et le monde des gangsters ne s'organise pas autrement.


Coup de tabac sur l'Elysée ?

En pleine action gouvernementale contre le tabagisme, je me demande s'il serait bien citoyen de voter pour une candidate aux présidentielles qui porte, à une lettre près, un nom de marque de cigarettes…

Il est vrai aussi que dans les mois à venir elle ne sera pas la seule à chercher à nous enfumer...

© René-Franck BONNEL, 2001-2007

 

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